Style : Soulpultura Label : Roadrunner Records Sortie : 25 Mars 2008
Le
voici ! L’album qui annonce le retour deux frères, Iggor et MaxCavalera qui avaient formés ensemble
l’un des meilleurs groupes de thrash métal au monde. Des
retrouvailles après 10 ans sans presque aucun contact, si c’est pas beau
ça ? Depuis
quelques mois, nous pouvions voir sur le net de nombreuses informations sur ce
projet sans aucune prétention autre que le plaisir de rejouer de la musique
ensemble. Un retour
partagé par la populasse « metowl ». D’un côté se trouvent les fans
des frangins qui accueillent avec une certaine joie cet évènement et de l’autre
ceux qui dénigrent ces retrouvailles en les qualifiant de « coup
marketing ». Je vous
avouerais que je suis partagé. C’est vrai
que c’est cool de revoir les deux frangins ensemble, mais on peut se poser des
questions quant à l’honnêteté de ce projet lorsque que l’on sait qu’il y a
toujours Gloria Cavalera qui traîne
dans les parages, rappelez-vous Sepultura…
Mais
qu’importe, c’est le contenu du CD qui nous intéresse. Et là faut dire que ça a
l’air attirant… Packaging
très minimaliste, le groupe a pour devise « Fuck Art, Let’s Kill », ça a le mérite d’être clair. Accompagnés
par le très talentueux et déjà habitué de la maison Marc Rizzo (officiant aussi dans Soulfly et ayant deux albums solos à son actif) ainsi que par Joseph Duplantier, oui le vous avez
bien lu, le guitariste/chanteur de Gojira
qui tient la basse sur cet album, le line-up a captivé toute mon attention.
Un album
sans autre prétention que refaire de la musique ensemble avais-je dit plus
haut ? On tape dans le mille ! Musicalement,
rien de neuf dans la baraque, les frères Cavalera nous assènent d’unmelting pot de ce qu’ils savent mieux faire,
c'est-à-dire, une partouze entre Sepultura
et Soulfly (les trips World Music en
moins). L’album
s’inscrit dans la droite lignée du dernier Soulfly
en date à savoir « Dark Ages ».
Sans en faire une simple copie, une certaine fraîcheur s’est installée
notamment grâce aux leads de Marc Rizzo, même si ça sent un peu le réchauffé par
moment. A la
première écoute, je me suis tout simplement dit un bon gros « BOF, ça ne
fera pas long feux dans ma platine ». Et en me
forçant à écouter plusieurs fois cet album, j’y ai trouvé de plus en plus de
bons moments comme « Sanctuary »
qui rappelait fortement le Sepultura
d’antan tout en sonnant actuel, où encore les excellentes « Terrorize », « Doom Of All Fire » et bien sûr
« Black Ark » qui fait
office ici « d’ovni ». Certes c’est
peut être un bien grand mot, mais il faut dire que jamais un titre des Cavalera
a sonné comme ça. Sur « Black Ark » nous retrouvons
l’habituel guest de Richie Cavalera,
mais aussi Joe Duplantier qui vient
pousser la hurlante couvert par une masse de clavier. Ce titre
est aussi intéressant vocalement que musicalement, nous retrouvons des riffs
qui sonnent « neufs » chez les Cavalera, notez les leads ultra
mélodiques, les nombreux slides sur le riff du refrain (donnant la petite patte
Duplantier) et justement cette
incorporation de claviers qui m’a vraiment surpris. Le titre le
plus original de l’album qui pour moi se révèle être le meilleur et de loin.
Ce « Inflikted » est dans l’ensemble
assez homogène, mis à part « Black
Ark », aucun titre ne se démarque vraiment de la patte des frangins,
tantôt faisant part aux mid-tempos rappelant Soulfly (« Inflikted »,
« Bloodbrawl »), il sait
aussi bien se faire plus véloce avec des titres plus thrashy dans l’âme comme
« Hex », « Nevertrust », « Sanctuary » et j’en passe ! On
y retrouve vraiment à boire et à manger.
Et même si l’originalité n’est pas ici prêchée, on passe un bon moment.
Petits
bémols, Max n’est plus tout jeune et
ça se ressent crucialement. Son chant en devient limite insupportable sur toute
la durée de l’album, je vous cache pas le plaisir que j’ai eu en entendant les interventions de Joe sur « Black Ark » ou « Ultra
Violent » ainsi que celle de Marc
sur « Sanctuary ».
Histoire de
faire encore quelques petits reproches, combien de fois faudra t’il le
répéter ? Max devrait arrêter
de s’occuper des paroles car c’est de pire en pire, choisissant la facilité à
chaque coup, on se retrouve une nouvelle fois avec des lyrics à la « Seek n’ Strike » et « Frontlines » où monsieur fait sa
conjugaison (« I don’t give a fuck,
you don’t give a fuck, we don’t give a fuck… ») et gâche totalement
les morceaux à l’exemple de « Nevertrust ». Concernant
le jeu d’Iggor qui ne s’est pas bien
foulé non plus (oui faut bien en dire un peu sur chacun), connaissant le
‘sieur, on sait tous qu’il est capable de faire bien mieux, mais faut dire que
la disposition de son kit ne doit pas l’aider non plus.
Au final le
retour des frères Cavalera est
plutôt réussi, un album qui ne marquera sûrement pas les esprits durant une
décennie mais qui nous fait passer un très bon moment. Situé
quelque part entre Sepultura et Soulfly, l’aggressivité d’un « Arise » n’est certes plus
d’actualité, mais putain on retrouve quand même de bons morceaux bien
headbanguant. Catchy à
fond, l’album rentre facilement dans la tête, pour passer d’une première écoute
mitigée au final à un disque vraiment sympa. Attention à
ne pas juger l’album trop vite ! Peu importe
les motivations honnêtes ou non des deux frères, « Inflikted » rappelle de bons souvenirs… !
14.5/20
Tracklist :
1- Inflikted 2- Sanctuary 3- Terrorize 4- Black Ark 5- Ultra Violent 6- Hex 7- The Doom Of All Fire 8- Bloodbrawl 9- Nevertrust 10- Hearts Of Darkness 11- Must Kill